Kinecticut _Chorégraphie sonore radiophonique pour quatre performers et quatre ordinateurs (+ 4 kinects) (2012)

Comme dans une ville imaginaire, quatre personnes se retrouvent à nue devant leurs machines. Ballade de l'imposibilité.

 

_ Composition, chorégraphie et programmation, Daniel ZEA (2011-12)

_ Performers:
Anne Gillot, Rada Hadjikostova, Jocelyne Rudasigwa, Mauricio Carrasco (version du 17.01.2012)
Lorena Dozio, Carlo Ciceri, Daniel Zea (version du 05.10.2012)
Rada Hadjikostova-Schleuter, Laurent Bruttin, Mauricio Carrasco, Daniel Zea (version du 19.10.2012)
 

_ Commande de la Radio Suisse Romande pour le projet Art's Birthday "DaDaliTy Show"
 
 
 
Kinecticut est une chorégraphie sonore joué par trois ou quatre musiciens-danseurs nus devant leur ordinateur.
Chaque performer exécute une partition de mouvement qui s'affiche sur l'écran de l'ordinateur et et qu'il fait dérouler le long du concert/performance. Cette chorégraphie est captée par une camera infrarouge qui traduit les données spatiales en données sonores: différents parties du corps contrôlent les fréquences et la densité sonore des oscillateurs et des filtres que font partie de la synthèse sonore, le bassin active le volume. L'instrument musicale devient ainsi la distance entre le corps et la machine: espace de la relation entre l'homme et l'ordinateur. Le dialogue se compose des choix des mouvements de l'homme  et, de la part de la machine, des impositions temporelles et verbales. L'homme et la machine sont acteur et spectateur, actif et passif en même temps. La suprématie de l'un sur l'autre n'est pas établie ou déterminée.
La machine a, cela dit, incorporé et phagocyté les discours sur elle même de l'ère technologique et capitaliste produits par les philosophes et écrivains contemporains* et l'impose à l'homme en le soumettant à son écoute de façon silencieuse et immobile. Là où une possible victoire de la machine sur le homme est entrevue, le mouvement et l'action du corps reprennent le dialogue qui active l'espace sonore. L'un a besoin de l'autre pour continuer à jouer.
Chaque performer a une partition différente avec des instructions à exécuter mais ils font partie d'un seul ensemble; une micro société d'une ville imaginaire décrite par une voix émise par l'ordinateur. Les musiciens danseurs composent ainsi une géographie corporelle et sonore partagée: ballade de l'impossibilité.  
* (les textes de la pièce sont fragments de: "Synopses" de Richard Kostelanetz, "Tentative d'épuisement d'un lieu parisien" de Georges Perec, "La Société du Spectacle" de Guy Debord et quelques citations des pages web des réseaux sociaux.